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03/06/2010 - Sud Ouest - Festival du Film de La Rochelle : cinéphiles au paradis

A voir au Festival du film, du 2 au 11 juillet : Garbo muette, Kazan, Rohmer et Pierre Étaix bien vivant.

Ouvert sur le monde et de plus en plus ancré à La Rochelle : tel est le Festival international du film, qui vogue allègrement vers son quarantième anniversaire. Dans un mois, vendredi 2 juillet, à 20 h 30, Julie Bertucelli, la réalisatrice de « L'Arbre », donnera le clap d'ouverture du 38e Festival qu'elle illuminera de sa présence ce soir-là. Avec l'extraordinaire Charlotte Gainsbourg dans le rôle principal, « L'Arbre » a séduit le public de Cannes, où il a été présenté en clôture.

Beaucoup, beaucoup de bonnes surprises en perspective (250 films en dix jours) et quelques nouveautés. Ainsi, la Nuit Blanche est avancée de 24 heures (nuit de samedi à dimanche) pour permettre aux festivaliers de ne pas s'endormir à leur travail le lundi matin. Notez que les projections continuent le dimanche, le Festival ne se terminant que le 11 juillet au soir. Panorama des événements et de la programmation :

1 Pierre Étaix, le retour

Swing chez Delerue

Swing chez Delerue

La Nuit blanche, samedi 10 juillet, débutera à 22 h 15 avec « Tirez sur le pianiste » de Truffaut, se poursuivra avec « Le Roi de cœur » de Philippe de Broca, « Love » de Ken Russel et « Préparez vos mouchoirs » de Bertrand Blier. Quatre films qui ont un point commun : leur musique, écrite par Georges Delerue. Auteur de plus de 200 musiques de films, Delerue sera à l'honneur, non seulement pendant la nuit, mais pendant la journée du 10 juillet. Avec le film « Bandes originales : Georges Delerue », de Pascale Cuenot, avec une leçon de musique animée par Stéphane Lerouge, avec un spectacle du Traffic Quintet, ensemble à cordes.

Après une éclipse qui a duré quasiment deux décennies, et après une invraisemblable bataille juridique pour les droits d'exploitation, les films de Pierre Étaix vont ressortir en salles. Le 7 juillet, très exactement. Les festivaliers sont gâtés, qui découvriront avant tout le monde l'intégrale Étaix. Huit films dont « Le grand amour », « Le soupirant », « Heureux anniversaire » (oscar du meilleur court-métrage à Hollywood en 1963) et l'inénarrable « Pays de cocagne », son dernier long-métrage (1969) où ce cinéaste féroce et drôle filme les vacances des Français moyens. Cerise sur le gâteau, Pierre Étaix sera à La Rochelle samedi 3 juillet pour présenter « Le soupirant ».

2 Sous le signe d'Éric Rohmer

Ah ! Si l'auteur de « Ma nuit chez Maud » avait pu être parmi nous pour la rétrospective qui lui est consacrée. Mais il s'en est allé, le maître français du marivaudage moderne. 17 de ses films ont été sélectionnés, qui révéleront différentes facettes de l'œuvre rohmerienne. À découvrir : « Le signe du lion », son premier long-métrage (1959, NB). Plusieurs documents, notamment « En compagnie d'Éric Rohmer » de Marie Rivière, une de ses actrices fétiche, permettront de cerner l'homme et le cinéaste. Une table ronde (samedi 3 juillet, à 16 h 15) réunira tous les fidèles, notamment le Rochelais Paul Virilio, qui a travaillé avec Éric Rohmer.

3 Kazan, le cinéaste qui révéla Brando

Vous aimeriez voir ou revoir « America America », « L'arrangement », « Le Mur invisible », « Baby Doll », et Brando dans « Un tramway nommé désir » et « Sur les quais » ? Et James Dean dans « A l'est d'Eden » ? Et « Les Visiteurs », disparu des écrans, inexistant en DVD et, de l'avis d'un cinéphile ami, un film à voir au moins une fois dans sa vie ? Vous aurez tout ça, et plein d'autres merveilles, puisque le festival présente l'intégrale d'Elia Kazan. Plus un documentaire de Michel Ciment et Annie Tresgot, « Elia Kazan, outsider » (1982).

4 L'autre visage de Greta Garbo

La Divine n'a pas toujours été la femme si délicieusement svelte et au visage ciselé de « Grand hôtel » ou de « La reine Christine ». En 1926, l'actrice débute à Hollywood, après avoir tourné « La rue sans joie » de Pabst, en Allemagne, l'année précédente. « À cette époque, explique Prune Engler, directrice artistique du festival, Greta Garbo était une femme bien en chair, avec de bonnes joues rondes ! On se souvient de ses rôles dans le cinéma parlant, or elle a tourné beaucoup plus de films muets. » Ce sont sept de ces muets que l'on va, pour le coup, découvrir, dans le cadre de la rétrospective Garbo.

« La chair et le diable », « Le baiser », « La belle ténébreuse », « Anna Karénine I ». « C'est d'un érotisme inattendu, on y découvre une Garbo sensuelle, extrêmement moderne, qui séduisait les hommes comme les femmes, et on voit l'évolution de l'actrice vers la star », dit Prune Engler. Toutes les séances seront en ciné-concert, grâce au piano de Jacques Cambra.

Le cinéma entre à l'hôpital

14 écrans, dans trois salles (Olympia-CGR, la Coursive, Dragon-CGR), cinq séances par jour (de 10 heures à 22 h 15) et par salle. C'est l'ordinaire du festival. Mais beaucoup de lieux divers sont sollicités pour les événements parallèles à la programmation.

Cette année, le Vieux Port accueillera ainsi, au pied des tours, la projection du film de Peter Weir, « Master and Commander » (dimanche 4 juillet, 22 h 30, séance gratuite et en plein air). Bataille navale, poursuite en mer à l'écran, dans un écrin idéal.

Cinéma et psychiatrie

Quant à Jean Rubak, cinéaste et musicien que les festivaliers ont découvert l'an dernier et qui travaille en atelier avec les détenus de Saint-Martin-de-Ré, il revient à La Rochelle avec « Petite suite pour films et cordes ».

Il s'agit d'un ciné-spectacle mariant musique et courts métrages, qui sera présenté trois fois, la première séance ayant lieu au cinéma l'Eldorado, à Saint-Pierre d'Oléron (9 juillet, 18 h 30). La deuxième se déroulera à l'hôpital Saint-Louis, samedi 10 juillet, ouverte à l'ensemble des malades et du personnel hospitalier.

Cette première marquera le début d'une collaboration qui devrait se concrétiser, fin 2010, par l'organisation d'ateliers cinéma avec les malades de l'hôpital psychiatrique.

mireuil, Villeneuve, aytré

Le festival s'ancre de plus en plus dans la vie des Rochelais. Depuis trois ans, dans le cadre des résidences d'artistes, des cinéastes animent des ateliers d'écriture et de réalisation avec les habitants de Mireuil. Souvenez-vous, l'an dernier, du formidable « La Rochelle-Mireuil-Subjectif Cinéma », court-métrage réalisé par Pierre-Louis Borgeaud avec les comédiens amateurs de Mireuil. C'était succulent !

Cette année, le cinéaste Andrew Kötting qui renouvelle l'opération atelier. Cette expérience sera étendue, en 2010-2011, au quartier de Villeneuve-les-Salines et à la commune d'Aytré.

Quant aux lycéens rochelais, ils sont associés, eux aussi, au festival, depuis 2004, pour en découvrir les coulisses.