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Bloc de droite
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Chantal Akerman

Chantal Akerman (6 juin 1950, Bruxelles, Belgique) est une cinéaste belge installée à Paris. Elle est issue d'une famille juive polonaise. Ses grands-parents et sa mère ont été déportés à Auschwitz, sa mère seule en est revenue.

L'angoisse chronique de sa mère est un thème majeur de son œuvre. Avec les rapports sexe/amour/argent, l'ennui et le vide existentiel, l'humour triste et la solitude. Elle analyse les comportements humains en posant la question du bonheur.

C'est Pierrot le fou de Jean-Luc Godard qui a provoqué sa vocation. Formellement, Michael Snow sera sa deuxième profonde influence. André Delvaux l'a soutenue dès son premier court métrage (Saute ma ville, 1968), un film pré-punk où l'adolescente exprimait de manière explosive son besoin vital de libération.

Après un court passage à l'Institut national supérieur des arts du spectacle et la réalisation en 1971 de L'enfant aimé ou je joue à être une femme mariée, un deuxième film (depuis longtemps invisible) que la cinéaste estime raté parce que pas assez construit, Chantal Akerman est partie avec Samy Szlingerbaum à New York où elle a fréquenté assidument l'Anthology Film Archives (cinémathèque). Elle y a découvert le cinéma expérimental américain (Michael Snow, Andy Warhol, Jonas Mekas, etc.). Vivant de petits boulots, elle est parvenue à tourner plusieurs films. Chantal Akerman a ensuite vécu à Paris. Elle retournera à New York en 1976, après sa reconnaissance internationale, pour réaliser News from home (89 minutes), une lecture de lettres inquiètes et plaintives que lui envoyait sa maman pendant son séjour, accompagnée par des plans monumentaux (façades, rues, métro) de la mégapole. Le film se clôt par un très long travelling arrière, la caméra posée sur un bateau s'éloignant de tours jumelles du World Trade Center . La cinéaste reviendra dans cette ville pour tourner Histoires d'Amérique en 1988 et Un divan à New York en 1996.

Parmi les films de sa longue carrière, un des plus importants est Jeanne Dielman, 23, quai du Commerce, 1080 Bruxelles (1975) (son chef-d'œuvre), une description méticuleuse, en illusion de temps réel (proche de l'hyperréalisme) de l'aliénation, avec Delphine Seyrig (C'est un film sur l'espace et le temps et sur la façon d'organiser sa vie pour n'avoir aucun temps libre, pour ne pas se laisser submerger par l'angoisse et l'obsession de la mort). Suivront Les rendez-vous d'Anna (1978) avec Aurore Clément, un très autobiographique road movie en train (d'Allemagne à Paris en passant par Louvain et Bruxelles) ; la comédie musicale Golden Eighties (1986) (une variation à la Jacques Demy de ses thèmes habituels avec Lio) ; sa tentative de comédie romantique américaine à la Ernst Lubitsch (ou à la Woody Allen) Un divan à New York (1996, avec William Hurt et Juliette Binoche) et La captive (2000, avec Sylvie Testud et Stanislas Merhar), son adaptation, écrite avec Eric de Kuyper, de "La prisonnière" de Marcel Proust, influencée par Vertigo d'Alfred Hitchcock et les mélodrames morbides de Ievgueni Bauer.

Texte de Jean-Marc Lalanne à l'occasion de l'hommage à Delphine Seyrig en 2007

"Chantal Akerman" par René Marx, en 1991

Films présentés à La Rochelle